L’Exemple #JeSuisCharlie : Oui, le #web est #formidable

08 janvier 2015
L’Exemple #JeSuisCharlie : Oui, le #web est #formidable

Allez 2015 est arrivé rangez le pessimisme, le French Bashing et toutes ces habitudes démodées au placard, place à un discours positif, un discours optimiste, un discours efficace ! Et je me suis dis, cette belle résolution, elle s’exprime déjà depuis plusieurs années via Internet…

Oui oui Internet vous avez bien lu, ce média que la génération X définirait comme « potentiellement dangereux », source de l’abolissement de la frontière vie privée/vie publique, ou de la montée de pratiques dangereuses notamment pour nos enfants. Bon autant vous le dire tout de suite, je suis contre toutes ces opinions qui voient la technologie comme une menace …

N’y voyez pas là une vieille imitation du Maestro « Formidable » mais oui, je trouve que le web est formidable ! Alors voici un article, ou plutôt une tribune pour commencer 2015 sur de bonnes ondes, et tordre le cou à toutes les mauvaises interprétations de la technologie.

Le web connecte le monde et l’informe

Vous allez me dire, « une lettre d’amour de l’Internet sur un site de Webmarketing, tu ne prends pas grand risque Nicolas ! » … Oui mais voilà, le web est formidable, le web viralise, et il ne m’étonnerait pas que cet article tombe entre les mains d’un de vos parents, vous lecteurs du site, pour leur expliquer pourquoi Internet est formidable. Et c’est là que je débuterai mon argumentaire, le web est ouvert à tous et pour tous …

L’universalité, c’était un mot, une valeur qui faisait rêver nos ancêtres, le web l’a fait ! Internet est mondial, lie les citoyens du monde entre eux, quels que soient leurs religions, leurs nationalités, leurs couleurs de peaux chacun peut avoir son quart d’heure de gloire à la Warhol sur Internet. Je vous défie de me dire qu’il n’est pas formidable, pour un chercheur, d’avoir accès aux textes, ou aux recherches de tous les autres pays du monde. N’est-il pas formidable pour un Japonais par exemple d’accéder à toute la culture occidentale depuis son pays, et inversement pour un Européen d’apprendre le Japonais grâce à Internet ? Bref, le web c’est le monde, le web c’est la grandeur du monde, on y trouve tout, pour tout le monde, tout le temps ! (formidable je vous disais)

L’exemple #JeSuisCharlie: Un rassemblement né sur Twitter

Et ces dernières années, dans le genre phénomènes universels, on en a connu quelques uns ! Et malheureusement, le premier phénomène dont je souhaite vous parler est tout chaud, puisqu’il s’agit du #JeSuisCharlie suite à l’attentat au siège de Charlie Hebdo. Commis en fin de matinée, l’attentat a largement investi les réseaux sociaux dés le début de l’après-midi. Une vague incroyable de solidarité et d’hommages, notamment relayés via une image qui est devenue fortement impactante, et surtout à portée internationale. Cette image, elle vient d’un utilisateur Twitter qui n’est autre que Joachim RONCIN, directeur artistique au magazine Stylist, qui a posté cette image sur son compte Twitter @joachimroncin moins d’une demie-heure après l’attentat !

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Cette image a investit les photos des couverture, et les photos de profil de beaucoup d’utilisateurs. Par ailleurs, le #JeSuisCharlie décliné de cette image se propage de manière impressionnante dans le monde entier, comme le montre la vidéo présente dans le lien de ce tweet qui est juste impressionnante:

Cela peut paraître étonnant, mais dans cette profonde tristesse collective, la mobilisation sur les réseaux sociaux est émouvante et donne de l’espoir ! Pourquoi ? Car en seulement une après-midi, plus de 250 000 posts de soutien ont été postés sur Twitter via le hashtag #jesuischarlie. Et ce qui est formidable, c’est le lien entre la vie virtuelle et la vie réelle. Car ce phénomène, ce rassemblement malheureux a généré d’énormes rassemblements dans les villes Françaises (environ 100 000 personnes se sont rassemblées). Mais également à l’étranger ! N’est-il pas formidable, grâce aux réseaux sociaux, de voir des Colombiens, des Brésiliens, des Kosovars, des Marocains, bref, le monde entier, brandir un panneau « Je Suis Charlie » ? C’est ça la force du web, nous lier les uns les autres, même dans la douleur !

Pour vous montrer une fois de plus l’universalité du web, le hashtag #JeSuisCharlie a été traduit à l’étranger en #IAmCharlie et #YoSoyCharlie. Au final, grâce aux réseaux sociaux, grâce à Internet, grâce à la liberté d’expression, grâce à la démocratie permise par Internet, Charlie Hebdo, et la philosophie qu’il porte, vit désormais dans le monde entier, qu’on le veuille ou non !

Le web est la voiture dont l’humain est le conducteur

Amoureux des réseaux sociaux, je le suis ! Car Si le web et les réseaux sociaux sont les voitures qui véhiculent les informations, nous, citoyens, sommes les conducteurs de ces véhicules.

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Tant décriés pour leur capacité à propager des contenus jugés « débilisants », pour dissuader les relations entre humains dans la vie réelle, oublions-nous que les réseaux sociaux sont les berceaux de révolutions (voir le graphique ci-dessus) ? Oublions-nous que la police Américaine a utilisé les réseaux sociaux et les participations des citoyens pour retrouver les suspects lors de l’Attentat de Boston ?  En tous les cas, sans le web je n’aurai pu voire éclater les affaires révélées par Médiapart, je n’aurai pu assister aux affaires WikiLeaks ou Snowden. Le web a cette puissance d’un moteur V12, qui offre à tous les messages une portée internationale et surtout démocratique.

Sans le web, aurions-nous pu voir des milliers de messages de musulmans s’insurgeant devant les actes de l’Etat Islamique, démontrant que la vérité sur leur religion n’est pas ce qu’il se dit à la TV ? Ah, j’oubliais, c’est un autre phénomène international de 2014, #NotInMyName lancé en Grande-Bretagne par une ONG et qui a traversé la terre entière … Grâce à Internet …

Le web, c’est nous qui le fabriquons au quotidien ! Regardez, grâce au web nous sommes en train de nous croiser par écran interposé: Moi écrivant ces lignes, et vous les lisant. Sans le web, Alex de Target n’existerait pas, Norman fait des vidéos non plus, le film The Interview n’aurait pas été diffusé à toute la population Mondiale, nous n’aurions pas vu les images censurées par la FIFA durant la Coupe du Monde, les citoyens Chinois n’auraient réellement aucun moyen de se faire entendre de leur gouvernement. Ceux qui sont à l’étranger me comprendront probablement, mais sans Internet nous ne pourrions pas nous tenir informé de ce qu’il se passe dans notre pays (une dédicace à l’application Le Monde).

Au final, le web c’est le berceau de l’universalisme et de la démocratie. Il est une tribune ouverte sur le monde entier, et accessible à tous.

Mais le web, comme pour la voiture, demande une formation …

Je vous vois venir, vous allez me dire « Oui internet permet d’informer, mais parfois on y trouve vraiment n’importe quoi », et je suis d’accord ! Oui Internet permet à des gens comme Dieudonné, des militants extrémistes, des recruteurs terroristes, et autres de faire leur « business » sur de mauvaises valeurs. Les mots écris plus haut, vous les penserez utopistes, trop optimistes, n’y voyant que le positif, et vous aurez peut-être raison.

Mais je vais vous dire ce que j’en pense au fond: Je pense que l’innovation, le progrès technique, est toujours en avance sur les infrastructures et les comportements, et c’est là le décalage !

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Vous ne me croyez pas ? (attendez de voir la suite) Récemment, j’ai appris qu’à la fin du 19eme siècle, la voiture à vapeur faisait vive polémique en France: Le parc automobile se développait, mais il n’y avait aucune infrastructure pour accueillir les automobiles, ce sont les marchands de bicyclettes qui réparaient les voitures. L’automobile bouleversait la tranquillité des piétons au point que beaucoup ont voulu interdire l’automobile ! Les journaux de l’époque surnomment les conducteurs « L’automobiliste-écraseur ». Et pour tout vous dire, l’automobile bousculait tellement les modes de déplacement que l’opposition entre progrès technique et religion était brutal, les religieux expliquant notamment que l’automobile « ressemble plus à un diable qu’à un humain ».

Maintenant que j’ai pu étaler ma science issue tout droit de Wikipédia, je peux vous donner le fin mot de l’histoire. En 1902, l’état Français décide de mettre en place le code de la route pour régir la conduite des automobilistes. Les Etats-Unis ont attendu 1910, en voyant le nombre de morts sur les routes exploser, pour mettre en place un permis de conduire. Désormais, pour profiter du progrès et conduire une voiture, aussi incroyable soit-il, il faut un permis de conduire !

Et c’est bien parce que le web est formidable, qu’il mérite que l’on passe 20h auprès de formateurs pour apprendre à l’utiliser correctement ! Je n’ai pas la prétention de croire que le gouvernement lit mes proses, mais voilà ce que je dirai à mon ami François H.:

– François, avant de penser cours de codage à l’école, apprentissage sur tablettes numériques, ne serait-il pas clairement temps de tout simplement former les élèves (voire même leurs parents également) à l’utilisation de l’Internet ?

– Mais que veux-tu leur apprendre Nicolas ?

– Leur apprendre que les réseaux sociaux sont formidables si on fait attention à ce qu’on y poste et à qui on y parle.
Leur apprendre que sur Google on peut tout trouver, mais que toutes les informations ne sont pas bonnes à prendre.
Leur apprendre que le mail est un outil de communication exceptionnel, mais qu’il y a certains mails qu’il faut ignorer.
Leur apprendre qu’Internet est leur allié dans la mondialisation, mais qu’il y a des règles et des lois à respecter.
    Bref, leur apprendre que le web est formidable …

… Et c’est ici que mon rêve se termina, plein d’espoir et de bonne volonté. En 2015, j’ai l’espoir que les comportements évoluent et que le web ne soit plus le terrain de jeu fertile de personnes qui abusent de la naïveté d’utilisateurs qui n’ont pas été avertis des dangers de l’internet.

En 2015, je souhaite que le web soit formidable … pour tous ! Et c’est pour cela que, en 2015, j’ai décidé de créer mon Agence de Communication fortement influencée par le digital. Bonne année à tous, et surfez couvert :)

Big Brother is Watching

Social media pitfalls for jobseekers #infographic from Career Savvy

While some kids believe their biggest problem regarding social media is blocking their parents to prevent the occasional embarrassing « mom comment, » they will one day or another realize there are concerns of much greater magnitude when it comes to outside parties monitoring their Facebook or Twitter accounts.
Universities and employers have recognized the prevalence of social media in the lives of prospective students or staff members. Recently, they have begun to utilize social media as a tool for performing background checks on their applicants.
According to a 2013 study done by Kaplan Test Prep, high school students applying to universities are under greater online scrutiny than they may know; 31 percent of the 381 college admissions officers who responded to Kaplan’s questionnaire answered that they had visited an applicant’s social media page to acquire insight into his or her background. In 2012, that number was capped at 26 percent. Some admissions officers have rejected an applicant or even rescinded an admission due to inappropriate content they found on that applicant’s social media account.
Whether or not they realize it, students have an easily navigable online footprint that grows each time they post on the Internet.
Many students, especially rising seniors who are mired in the college application process, understand the repercussions that may follow their social media trail.
« I share mostly personal information on social media, but never something I would regret my parents or a college admissions officer seeing, » said rising Acalanes High School senior Zach Kramer. « I think it’s reasonable that colleges screen social media because they have a right to see it just like everyone else does. »
Just because students understand they are under close online scrutiny, however, doesn’t mean they agree with the reality.
« I don’t believe anyone should be judged based off their posts [on social media], » said rising Acalanes senior Sarah Moore. « Somebody could post a weird picture or say something strange on social media, but that doesn’t necessarily mean they’re less qualified or less likely to be academically successful. »
Michael K. McKeon, dean of admissions at Saint Mary’s College offers an insightful rejoinder: « You deserve the consequences if you do something mean or stupid on social media. So if you post pictures of yourself doing drugs or drinking alcohol, or if you are writing something hateful about another human being, if you have adverse consequences, you deserve them. You earned them, and you are going to have to live with them. »
Contrary to popular belief, social media consciousness doesn’t end after graduating from school. A person’s social media footprint can have adverse consequences through retirement.
In December 2013, public relations executive Justine Sacco from the prominent Internet media company InterActive Corp was fired less than 24 hours after posting a racist tweet about AIDS in Africa.
According to Juzer Essabhoy, an executive recruiter at CVPartners, a premier staffing and recruiting agency based in San Francisco and Seattle, social media screening of candidates for employees is common practice in headhunting firms everywhere.
« I use social media for information gathering, » said Essabhoy. « It’s not so much about getting to know people or chatting or those types of things. Much of it is just information that’s displayed. And it all depends on each of the users on each of these sites as to how much information about themselves that they share or not. »
Although Essabhoy generally only uses LinkedIn for a social media database when recruiting prospective employees, many of his headhunter colleagues use sites like Facebook and Twitter just as routinely in their recruitment process.
« I know a lot of my colleagues regularly go in and look at potential candidates’ Facebook pages and Twitter accounts, » said Essabhoy. « We work with a lot of companies who just make it a normal point where, when they get to a later stage of interview, they will enter the person’s name into Facebook to do a background check. »
Essabhoy estimates that currently, about 5 percent of potential employee candidates are disqualified due to inappropriate content posted on their social media. Although that percentage is a relatively small ratio, Essabhoy believes that quota will increase dramatically with the maturation and further popularization of social media in contemporary society.
« As social media continues to get even more mainstream, it’s going to [be] even more important for people to be very judicious in what they are putting out there or what they may have out on more public sites and things that can be viewable by employers, » said Essabhoy.
The best practice in regard to social media is to keep posts clean and appropriate from the start. It’s impossible to track who may share or archive a post, thereby making it immortal, and sanitizing a social media account mired in sin and slander is a tedious and faulty process.
« I never post anything that I know I would regret, » said rising Acalanes senior Katie McCarty. « I make sure everything I do post isn’t too risqué because I know that college admissions officers look at social media accounts and I wouldn’t want to jeopardize my future over a silly picture just for more likes on Facebook. »

http://www.lamorindaweekly.com/archive/issue0813/Big-Brother-is-Watching-Growing-trend-to-monitor-social-media-in-application-process.html

Danah Boyd, anthropologue de la génération numérique Ils Feront Le Monde

LE MONDE | 20.08.2014 à 11h26 • Mis à jour le 20.08.2014 à 14h54 | Par Alexandre Léchenet
Danah Boyd.
Danah Boyd. | JEAN-CLAUDE DHIEN POUR LE MONDE

Enfant d’Internet, l’Américaine a fait de cette passion le lieu de ses recherches sur la vie connectée des adolescents.

Au début des années 1990, on disait que le Web était peuplé de freaks, geeks et queers, bref, de gens à la marge. danah boyd, qui a découvert Internet à cette époque, aime à rappeler que c’est l’endroit idéal pour elle, qui est tout cela à la fois. C’est sur Internet que la chercheuse de 37 ans s’est construite à l’adolescence, avant d’en faire son métier. Aujourd’hui, ses études sur la vie connectée des jeunes ont fait de cette anthropologue une universitaire respectée.

Les freaks sont les gens différents. Avec ses mitaines et son piercing sur la langue, elle détonne au milieu de ses pairs enseignants. Cette différence, danah boyd la cultive sur ses papiers d’identité. A 23 ans, elle a officiellement adopté le nom de jeune fille de sa mère, divorcée de son père, puis en a même ôté les majuscules par la suite. Une démarche parmi d’autres pour ajuster le monde à sa manière de voir les choses.

A ceux qui s’étonnent de voir son nom sans majuscules, elle répète, inlassablement : « Non, je n’ai pas oublié de mettre les capitales. Mais je me suis très vite rendu compte que la plupart des gens ne comprennent pas ma décision de ne pas utiliser de majuscules à mon nom. » Et de renvoyer, systématiquement, à une note de son blog où elle détaille les raisons « personnelles et politiques » qui l’ont poussée à faire cela.

Lire aussi : Six clés pour comprendre comment vivent les ados sur les réseaux sociaux

Adolescente dans une ville étriquée, religieuse et conservatrice

Bonne élève, danah boyd ne se sentait pas à sa place à Lancaster, en Pennsylvanie. Pour survivre au lycée étriqué d’une ville « religieuse et conservatrice », elle s’échappe sur les forums de discussion. Elle se souvient particulièrement d’un échange avec un jeune soldat de retour de la guerre du Golfe, alors qu’elle envisageait d’entrer dans l’armée. Ces discussions en ligne vont lui permettre de se découvrir queer. Soit une personne qui ne souhaite pas se voir définie par son sexe, son orientation ou ses pratiques sexuelles. Sur IRC – un service de messagerie instantanée –, elle échange avec une femme transgenre : « Elle m’a permis de lui poser toutes les questions que je voulais, surtout les plus indiscrètes. »

Le premier billet de son blog, ouvert en 1997, rapporte la conversation avec son copain de l’époque, où elle lui explique pourquoi elle est queer. Son blog suit son parcours : aux billets adolescents évoquant les rave parties auxquelles elle participe succèdent des écrits plus universitaires.

J’ai pris conscience que comprendre les adolescents permet de comprendre la technologie »

Le terme « geek » s’applique aux passionnés de science-fiction et d’informatique. Ce qu’elle est aussi, et qui l’amène à suivre des études d’informatique à l’université Brown, dans le Rhode Island, puis au Massachusetts Institute of Technology, à Cambridge. C’est là, au début des années 2000, que danah boyd commence à se pencher sur les réseaux sociaux. Friendster, MySpace, Facebook : suivant les modes, les usagers se déplacent de l’un à l’autre. La chercheuse les étudie en se concentrant sur les utilisateurs les plus jeunes. « J’ai pris conscience que comprendre les adolescents permet de comprendre la technologie », dévoile-t-elle.

En 2007, elle publie une étude sur les adolescents utilisant Facebook et MySpace qui va à l’encontre des clichés traditionnels. Elle démontre que le réseau de Mark Zuckerberg, épuré et blanc, est à l’époque peuplé plutôt par des adolescents blancs et aisés. MySpace, personnalisable et clinquant, est au contraire fréquenté par les enfants des classes populaires et noirs. Son étude est reprise par les médias, et d’autres de ses écrits sont traduits et relayés sur des blogs francophones, des médias en ligne ou des revues de recherche.

Danah Boyd.
Danah Boyd. | JEAN-CLAUDE DHIEN POUR LE MONDE

« Avec la sociologue Eszter Hargittai, elle a été parmi les premières à avoir une voix dissonante sur les adolescents à la fin des années 2000 », dit Elisabeth Clément-Schneider, qui a soutenu une thèse sur la vie en ligne des jeunes, en octobre 2013, à l’université de Caen. « Dans ses travaux, il y a l’idée qu’il ne faut pas se fier aux apparences. En général, on analysait les comportements et on en déduisait des usages. Elle se distingue en montrant que des usages différents existent pour le même comportement. »

Ce travail sur les jeunes et les médias sociaux la mène en 2009 chez Microsoft, au sein du département de recherche de Boston. Depuis le début de ses recherches, danah boyd n’a cessé d’aller à la rencontre des jeunes afin de comprendre leurs usages des nouvelles technologies. Après avoir parcouru pendant plusieurs années les Etats-Unis, l’anthropologue sillonne à nouveau le pays pour présenter cette fois le fruit de ses entretiens, dans un livre dont le titre – It’s Complicated (Yale University Press, 296 pages, 25 dollars, soit environ 18,70 euros) – est un clin d’œil au statut de Facebook décrivant les relations amoureuses ambiguës et compliquées (une traduction sera disponible en septembre aux éditions C&F).

Il faut embrasser la technologie plutôt que la craindre »

Au fil de ses rencontres, elle a acquis une connaissance aiguë des comportements adolescents. Au début de son ouvrage, elle relate qu’après des heures passées avec un jeune pour qu’il lui raconte son utilisation de YouTube celui-ci lui a demandé de parler à sa mère. « Vous avez l’air de mieux comprendre qu’elle. Expliquez-lui que je ne fais rien de mal. » Son livre se veut ainsi un guide pour faire le lien entre les adolescents et leurs parents, afin que ces derniers comprennent leur vie connectée. Vie privée, addiction, harcèlement en ligne, mauvaises rencontres ou selfies sont autant de clichés déconstruits en se fondant sur les utilisations des jeunes. L’auteure prodigue aux adultes un conseil qu’elle s’applique à elle-même depuis longtemps – « Il faut embrasser la technologie plutôt que la craindre » – et tente de rassurer des parents souvent dépassés par les nouveaux sites et applications.

La dernière occasion qu’elle a trouvée d’appliquer cette maxime concerne la vie privée. Sa protection et le respect de la confidentialité sont des éléments-clés dans ses recherches. Elle a ouvert, avec le soutien de Microsoft et de plusieurs fondations, un centre d’action et de réflexion : Data & Society. Entre les révélations sur les écoutes de l’Agence nationale de sécurité américaine et l’apogée du « Big Data », l’analyse massive des données par tous, la structure veut proposer des projets pour s’adapter à un monde imbibé de données. Un défi qui l’enthousiasme.

http://www.lemonde.fr/festival/article/2014/08/20/danah-boyd-anthropologue-de-la-generation-numerique_4473731_4415198.html

Le numérique expliqué à Suzanne et à quelques autres…

Bon, je vais essayer de t’expliquer tout cela. Si tu ne comprends pas tout, ce n’est pas grave, dis-moi « Ah ! » comme tu le fais d’habitude, je recommencerai plus tard.

C’est parce qu’on entend ou lit tellement de sornettes sur le numérique, Suzanne ! Tout d’abord, ne te trompe pas de mots ! N’écoute en aucun cas ceux qui, curieusement encore nombreux, ne cessent, la bouche en cœur et le doigt dans l’œil, de nous parler de « digital » — les sots ne perçoivent même pas le ridicule accompli et monumental de l’anglicisme. Il existe aussi la catégorie de ceux qui prétendent ne pas savoir ce que c’est — « le numérique ? cela ne veut rien dire… », combien de fois a-t-on entendu cette affirmation péremptoire et dédaigneuse dans la bouche même de gens dont c’est justement le métier ? Il y a ceux enfin, toujours en retard d’un train, qui continuent à nier sa dimension paradigmatique en usant, pour en parler, d’autres vocables à la fois réducteurs, abscons et surannés…

Suzanne, je vais donc essayer de te dire ce que le numérique représente pour moi… ce qu’il porte d’espoirs pour toi. Te dire que c’est à la fois simple… et complexe. Je suis certain que tu es capable de comprendre.

Le numérique, c’est d’abord et surtout de l’humain !

Tu vas le comprendre aisément. Le numérique, vois-tu, ce sont des femmes et des hommes qui le mettent en œuvre, qui le vivent au quotidien, qui s’expriment, qui échangent et partagent, le plus souvent de pair à pair, dans des microcosmes multiples qui s’interpénètrent et desquels la figure classique des experts s’efface peu à peu. Ce sont des femmes et des hommes qui portent fièrement leurs opinions à la face du monde et ne craignent pas de les voir contredites ou censurées, même s’ils ont parfois à exercer à ce dernier sujet une grande vigilance. Le numérique, ce sont des valeurs et des attitudes nouvellement renforcées, celles du partage, de la connivence, de la collaboration, de l’amitié, du désir, de la responsabilité, de l’écoute de l’autre, de l’attention à ses préoccupations, de la tolérance… Ce sont encore des libertés, celles de l’expression et de l’opinion, de la création, du choix et des orientations, de nouvelles navigations possibles… Ce sont des droits et des devoirs, de la culture, de la raison enfin… Ah ! la raison !

Le numérique, c’est un nouveau modèle d’humanisme, citoyen, social et politique…

Contrairement à ce que pensent nombre des marchands et des politiques qui nous gouvernent et rêvent d’asservir les citoyens au seul profit de leurs idéologies dépassées, en faisant d’eux des usagers passifs, dociles et consommateurs, tu seras une citoyenne du numérique et de l’Internet, Suzanne, si tu fais confiance à tes parents et si le loup ne te mange pas. Oui, ma Suzanne préférée, tu seras une citoyenne engagée sur le réseau. Tu collaboreras à des projets pour le bien commun et public, au partage des connaissances et des savoirs. Tu t’engageras pour la défense de ces biens culturels communs en défendant comme il convient la création et les auteurs, artistes, plasticiens, écrivains, musiciens… dont tu seras, je l’espère, contre ceux qui abusent et profitent de leur travail.

Oui, Suzanne, en toute conscience et en toute raison, j’en suis certain, tu sauras protéger ta personne, en ce qu’elle a de plus intime, contre ceux qui tentent de l’asservir.

Suzanne

Le numérique, c’est aussi de la culture, la plus complète et transversale possible… pour te  permettre d’exercer ta citoyenneté.

C’est avec tes parents et à l’école que tu devras l’apprendre… Je fais pour cela entièrement confiance en les premiers mais l’école de la République, tu le sais, je t’en ai déjà parlé, tarde à prendre le grand virage… C’est si compliqué pour elle, comprends-la. Pourtant, à l’heure où elle se penche sur la réforme de ses programmes disciplinaires, à l’heure où elle réfléchit aux connaissances et aux compétences nécessaires à la formation d’un jeune citoyen, à la formation qu’elle te devra, Suzanne, il est temps pour elle d’intégrer dans tous les apprentissages la culture numérique transversale minimale et nécessaire. Cette culture numérique doit devenir objet d’enseignement, au-delà des peurs et des fantasmes qu’elle suscite à tort, au-delà des tensions qu’elle fait émerger, au-delà des archaïsmes qu’elle peut mettre en évidence, contre ceux à qui le mot de « culture » fait hérisser le poil.

C’est nécessaire, Suzanne, pour t’exercer à mieux comprendre plus tard et déchiffrer l’information et tous les codes et messages, en particulier ceux des médias, pour mieux éclairer ta réflexion sur le monde et ses évolutions, pour mieux comprendre les enjeux philosophiques, sociétaux, économiques aussi et surtout, pour tout ce qui touche la création des œuvres, quelles qu’elles soient.

C’est nécessaire aussi, Suzanne, pour faire de toi cette jeune citoyenne émancipée et engagée, je le répète, capable de s’adapter sans difficulté aux métiers de demain, dans quelque secteur professionnel que ce soit, dont personne — oui, personne, pas même les prospectivistes les plus pertinents — ne sait ce qu’ils seront !

Le numérique, c’est d’abord de l’humain et de la culture, mais aussi, bien sûr, des technologies, des sciences et de l’économie.

Le numérique croît des sciences qui le mettent en œuvre, dans un domaine multiple et complexe qui s’enrichit d’apports divers, des mathématiques et de l’informatique bien sûr, aux sciences de la communication, à l’algorithmique, la cybernétique, la robotique… et bien d’autres, jusqu’au design même sans oublier les champs nouveaux et vertigineux de l’organisation et du traitement des données. Le numérique, ce sont aussi des technologies sans cesse renouvelées, en perpétuelle évolution, merveilleuses et si prometteuses.

Et c’est aussi un enjeu économique considérable, pour l’emploi, pour le développement, disent les spécialistes. Je veux bien les croire.

Mais le numérique est transversal, définitivement transversal, il touche, éclaire et contribue à rapprocher chacune des disciplines d’enseignement, chacun des champs du savoir et de la culture. C’est bien ce qui embête ceux qui n’y comprennent goutte, ceux qui contribuent à confisquer le débat public au point de le rendre inintelligible, ceux dont j’ai dit qu’ils étaient les néo-obscurantistes de ce nouveau millénaire, ceux qui tentent de nous faire prendre des vessies pour des lanternes et, par exemple, l’enseignement du code — lequel, d’ailleurs ? — pour l’éducation au numérique.

C’est juste pitoyable… et si dérisoire.

Là, Suzanne, je sens que tu décroches  un peu ! As-tu mieux compris ce qu’est le numérique ? C’est déjà gentil de ta part de m’avoir écouté jusqu’au bout, alors que tu préfères d’habitude faire ta propre musique en frappant les touches de ce clavier virtuel, là, sur ma tablette… Rassure-toi, dans quelques mois, quand je te  reparlerai de tout cela, toute cette agitation aura disparu aussi vite qu’elle est venue et il ne restera plus à l’école et à la société qu’à se préoccuper de l’essentiel.

Et puis, Suzanne, bientôt, je te raconterai ce qu’en pensait Socrate. Sois patiente…

Michel Guillou @michelguillou

Naturaliste tombé dans le numérique et l’éducation aux médias… Observateur du numérique éducatif et des médias numériques. Consultant, conférencier. #ovei

http://www.culture-numerique.fr/

Omar Sosa Gets ‘Kind Of’ Blue

On his latest record, the Grammy-nominated composer and pianist Omar Sosa pays tribute to Miles Davis’ 1959 masterpiece Kind Of Blue, without including a single song from the original. Instead, the album, Eggun, is a tribute to the spirit of Davis. Hear Sosa talk about the new project — and perform songs live in the studio.

http://soundcheck.wnyc.org/story/265041-omar-sosa/

Activating Latent Knowledge Capacity

Last week, we wrapped up another successful Learning Analytics Summer Institute at Harvard. The recordings of most of the talks and panels can be found here. Since we were already in town, Dragan Gasevic and I were invited by edX to give a talk to their staff and member institutions (we are running a course on edX in fall on Data, Analytics, & Learning).

The focus for the talk at edX, slides below, was to try and get at what is wrong with MOOCs and education in general. To answer the challenge of “what is wrong with education” it’s helpful to step back a bit and consider two challenges.

1. We aren’t connecting

Historically, society has created knowledge institutions that mirror what is done with information in a particular era – see McNeely & Wolverton. In this line of reasoning, we can best understand the future of education by understanding what is being done with information today. After about a decade of experience with web 2.0, social media, participative technologies, it’s not unreasonable to state that at least a segment of society today recognizes information as multi-authored, participative, distributed, and networked.

In education, many of us have been advocating for networked learning (or as Stephen Downes and I have been articulating it, connectivism). Academic conferences and even the K-12 space has turned to networks as a way to describe what learning is and how it happens. The one draw back to networked learning is that while we have managed to advance conversation on the fragmentation of learning so that it is not a cohesive whole created solely by the instructor, we have not yet advanced the process of centring or stitching together fragmented parts into cohesive wholes for individuals. Some rudimentary progress includes the use of #hashtags to stitch together distributed conversations but this only provides a one medium aggregation. The best implemented model for pulling together multi-platform conversations that I’ve seen to date is Downes’ gRSShopper. That leaves us at a difficult point educationally. Progress has been made on pulling centralized information elements apart (this is particularly evident in media with newspapers or TV news programs – I get the majority of my news in bits and pieces through a mess of different tools and sites), but we haven’t yet developed the technologies that will allow pulling things back together into coherent, personally owned, wholes.

This is no small challenge. In many ways, this is where computing was in two separate phases: pre-Microsoft Office and pre-Facebook. I remember when I used to work with distinct software tools like Quattro and WordPerfect (before they were owned by one company). Moving data between different software was a pain. MS came along and blessed society with Office – an integrated suite. It pulled together what I used to do in several different tools. Facebook plays a similar integrative role for participative technologies. For people who had been blogging since late 1990′s or early 2000′s, Facebook wasn’t of much value. Between flickr, del.icio.us, blogs, RSS readers, and wikis, we were living the distributed, networked, learning dream. Unfortunately, only a small percentage of society wants to deal with a range of 10 different tools. Ease of use and low-barrier to entry rules the day. Facebook allowed anyone to start sharing images, ideas, and form social networks and to do so in a single tool with similar functionality across different activities. My social network used to consist of the people in my RSS reader. Facebook made connecting easy and they were rewarded as a billion+ people joined. The key lesson here is that integrative technologies, in spite of the current app trend, draw greater numbers of users than single functionality tools.

The importance of integrative toolsets for learners cannot be overlooked. It is unreasonable to expect a learner to care about the same issues that an instructor of a participatory course cares about. While concerns of access, participation, and equity might be important to me, a learner may well enter a course with the primary goal of learning a skill or concept. My values may not be her values.

2. Latent Capacity

Technology cannot be reduced to a single narrative or outcome. While “web 2.0″, as a term, symbolized participation and collaboration, it is really a multi-narrative strand where some people were enabled and others were shut out, some were given a platform and others lost a platform, some connected with their readers/fans and others were exposed as [insert label] to their fans/readers. There are many narratives to describe the tools that today define how people interact. I have been grappling with understanding the prominent or even dominant impact of technology – i.e. what is one aspect of technology that is most pronounced and most misunderstood? Keeping in mind that a single narrative has shortcomings, I’ll argue that activation of latent capacity is the driving element of every successful technology of the past 15 years. Uber uses latent car capacity. Airbnb, latent physical space capacity. Twitter/Facebook, activate multiple latent capacities: sharing, social connections, and images. The Arab Spring, now sadly turned into a rather harsh winter, and Occupy Wall Street activate the latent power capacity of individuals. A system of control and oppression can be challenged when people take up their power, their voice.

In education exists the most substantive latent capacity in society. A classroom consists of 30 (or sometimes 300) people listening to a teacher teach. The knowledge and creative capacity of any class is stunning. Unfortunately, this knowledge is latent as the system has been architected, much like a dictatorship, to give control to one person. In many cases, students have become so accustomed to being “taught” that they are often unable, at first, to share their knowledge capacity. This is an experience that I have had in every MOOC that I’ve taught. The emphasis in MOOCs that I’ve been involved with is always on learners taking control, learners joining a network, or learners becoming creators. In a Pavolovian sense, many learners find this process disorienting and uninviting. We have been taught, after a decade+ of formal schooling, to behave and act a certain way. When someone encourages a departure from those methods, the first response is confusion, distrust or reluctance.

I’ll call my theory of knowledge and learning “100 people in a room”. If we put 100 people in a room, the latent knowledge capacity of that room in enormous. Everyone in this room has different life experiences, hobbies, interests, and knowledge. We could teach each other math, physics, calculus. We could teach poetry, different languages, and political theory. The knowledge is there, but it is disconnected and latent. Much of that knowledge is latent for two reasons: 1) We don’t know what others know, 2) connections aren’t made because we are not able with our current technologies to enable everyone to speak and be heard.

Personal Knowledge Graph

To address these shortcomings, I’ve been arguing for the development of something like a Personal Knowledge Graph (PKG). The main idea is that learners need a way to express and articulate what they know. This can be done through someone explicitly stating “I know this” or it could be mined or inferred. Learners need to own their PKG but it should be shareable with schools, companies, and peers.

Once we know what people know, we have a chance to activate latent knowledge through social and technological approaches. The work that Dragan Gasevic has done with his doctoral students indicates that learners begin to use hashtags as a cognitive agent. In some cases, a hashtag becomes a more important agent than a faculty member. In other instances, recommender systems could connect individuals who have complimentary and/or opposing knowledge graphs. This leads to new pedagogical models and changing roles for universities, notably a transition from spraying the same content to all learners to a more nuanced (knowledge gap filling?) approach.

Education is approaching where the web was in mid-2000′s – a growing range of technologies providing certain opportunities for learning and interaction, but largely fragmented. Education is waiting for it’s latent capacity activating tool, or at minimum, a means of giving each learner the ability to stitch together a coherent interpretation of a knowledge domain. Of course we need feedback loops and systems of recognition. It is not enough that I state I know something. Peers, faculty, and employers should be able to comment on my claims and I should be able to provide evidence. When I do not understand a concept correctly, there should be processes for correction.

If, when, education begins to focus on activating the knowledge of individuals rather than primarily focusing on single point knowledge pontification, new concerns will arise. For example, how can creativity be encouraged when learners receive personalized content addressing knowledge gaps? What happens to formal assessment? What role does expertise play in a room of 100 knowledgeable people? The transitions underway in society, in knowledge, and in universities, are long term and won’t be played out in the next few years. It’s a decades long transition. But it is important to begin challenging legacy assumptions and start considering, however imperfect our ability to see it today, what an education system looks like when we activate latent capacities of all participants.

This was written by gsiemens. Posted on Saturday, July 5, 2014, at 12:53 pm. http://www.elearnspace.org/blog/2014/07/05/activating-latent-knowledge-capacity/

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