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PACO

http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2014/02/26/paco-de-lucia-maitre-de-la-guitare-flamenco-est-mort_4373387_3382.html

Paco de Lucía, maître de la guitare flamenco, est mort

Le Monde.fr | 26.02.2014 à 09h39 • Mis à jour le 26.02.2014 à 12h34 | Par Véronique Mortaigne et Francis Marmande

Le guitariste espagnol de flamenco Paco de Lucía a été victime d'une crise cardiaque au Mexique. Il avait 66 ans.

Le guitariste flamenco Paco de Lucía a été pris d’un malaise, mardi 25 février, alors qu’il jouait avec ses enfants sur une plage de Cancún (Mexique), où il possédait une maison. Son cœur, qu’il avait profondément gitan, sans en être un lui-même, a lâché sur le chemin de l’hôpital. Né le 21 décembre 1947 à Algésiras (province de Cadix), Francisco Sánchez Gómez de son vrai nom, virtuose qui a su mélanger le flamenco sans le dénaturer, vivait à Palma de Majorque mais vagabondait de Tolède à Cuba.

La famille de Paco de Lucía était pauvre. Il a grandi dans le triangle magique du Sud andalou. Il a appris la guitare avec son père, ses oncles, qui jouaient pour les riches dans des fêtes, après avoir parfois attendu toute la nuit qu’ils manifestent leur bon vouloir. Il est le seul guitariste flamenco à avoir étendu son champ d’expérience, son succès, son public, sans y laisser son âme. Paco de Lucía était comme le vin de Sanlúcar et respirait le parfum du Guadalquivir. Chaque rythme était pris avec le même sens du frôlement, comme des vagues, comme des brises.

LA DOUCEUR DES VIOLENCES

Rien n’est plus simple que de jouer virtuose et hystérique, Paco de Lucía était tout le contraire : la douceur des violences. Les caresses animées sur les cordes. Le jazz avait changé son regard, pas sa musique. Sa technique fascinante l’a fait intégrer le trio (guitares acoustiques) de John McLaughlin et Al Di Meola. Il a également rencontré Larry Coryell, Carlos Santana et Egberto Gismonti. Au début, leur aisance d’improvisation l’a effaré. Il a alors laissé parler son cœur, comme on le fait entre amis à Cadix, pendant une nuit flamenca, quand la fête est « formée ».

Paco de Lucía avait formé un couple extraordinaire avec le chanteur Camarón de la Isla, né dans la province de Cadix et qu’il avait rencontré à Madrid, en 1968, alors qu’il était artiste résident à la « Torres Bermejas Tablao ». Il y restera douze ans. Ensemble, ils enregistrent neuf disques, de 1969 à 1977, avant que Paco de Lucía cède sa place à l’un de ses étudiants, Tomatito.

Paco de Lucia commence sa carrière à l’âge de 14 ans, engagé comme guitariste pour la compagnie de danse José Greco. En tournée aux Etats-Unis, il croise Mario Escudero et Sabicas, deux guitaristes espagnols de renommée qui l’encouragent à mener une carrière de soliste. Il enregistre son premier disque en 1965 et donne un concert au Teatro Real de Madrid. En 1975, année charnière en Espagne qui revenait à la démocratie, Paco de Lucía connaît un grand succès commercial avec une rumba, Entre dos Aguas.

Il fonde un groupe avec ses frères, le chanteur Pepe de Lucía et le guitariste Ramón de Algeciras, et introduit des instruments et des rythmiques sud-américaines — avec un cajon péruvien. Deux albums confirment le succès et l’originalité du groupe : Solo quiero caminar (1981) et Live… One Summer Night (1984).

VERS LA MUSIQUE ÉRUDITE

Parallèlement à son association avec Al Di Meola et John McLaughlin, Paco de Lucía mélange le flamenco avec la musique indienne, la salsa, la bossa-nova, la musique arabe. Il adapte ainsi plusieurs thèmes du compositeur espagnol Manuel de Falla et, quelques années plus tard, il enregistre l’œuvre majeure de Joaquín Rodrigo, le Concerto d’Aranjuez.

Il entraîne un genre populaire, le flamenco, vers la musique dite « érudite ». Doctor honoris causa de l’université de Cadix et du Berklee College of Music, il avait reçu en 2004 le prix Prince des Asturies des arts, l’une des plus hautes distinctions espagnoles. Paco de Lucía, soulignait la Fondation Prince des Asturies, « a dépassé les frontières et les styles, pour devenir un musicien de dimension universelle. A partir de la guitare flamenco, il a aussi exploré le répertoire classique espagnol, d’Isaac Albeniz à Manuel de Falla, l’émotion de la bossa-nova et du jazz ».

 

‘Honey Bee’ Animation from Akram Khan’s ‘Desh’

 

Ibrahim Maalouf – Will Soon Be a Woman

Numérique : le retour de bâton

http://meta-media.fr/2014/02/09/numerique-le-retour-de-baton.html

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L’inexorable essor du numérique dans nos sociétés fait désormais l’objet d’une légitime et croissante inquiétude sur la menace qu’il fait peser sur les emplois des classes moyennes.

Ajoutez à cela l’arrivée d’une société de surveillance par les gouvernements et les géants du web, les vols de données personnelles, les atteintes à la vie privée, et vous obtenez un cocktail détonant pour laisser libre cours à un contrecoup majeur sur le numérique et Internet.

La « Une » cette semaine du Journal du Dimanche, judicieusement publiée à quelques jours du voyage de François Hollande dans la Silicon Valley, symbolise ce mouvement classique de réaction au futur qui vient.

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Mais le problème est bien plus vaste que le seul Google. Tous les géants du numérique, forts de leurs immenses fermes de serveurs, sont aujourd’hui engagés dans une course vers l’intelligence artificielle, l’automatisation, via les algorithmes, qui non seulement digèrent et traitent des milliards de données, mais sont désormais capables d’apprendre (« machine learning »), d’anticiper et de remplacer de plus en plus de fonctions humaines pour un coût très réduit.

« Les lois de Moore* continuent de fonctionner à plein, explique le capital-risqueur américain Joe Schoendorf. La technologie est entrée dans la seconde moitié de l’échiquier avec 5 milliards de transistors sur une puce. La prochaine étape – qui va se produire– ce sera 10 milliards. Nous pourrons alors concevoir des machines qui pourront tout faire. » Attention: les avancées ne s’additionnent pas mais se multiplient. 

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En gros, jusqu’ici, les ordinateurs calculaient, aujourd’hui ils apprennent, demain ils feront.

« En ce moment, ils ajoutent de la matière grise à leurs muscles », ajoute Schoendorf de la firme Accel Partners, qui s’exprimait à la conférence DLD à Münich. « Nous avons créé des technologies qui vont être bien plus intelligentes que nous le pensons ».

Le problème est qu’elles seront en mesure de remplacer non seulement des tâches humaines manuelles, mais aussi les tâches intellectuelles, avertit ce vétéran de la Silicon Valley. Et de nombreux emplois vont disparaître.

Un de ses confrères de la côte est, Albert Wenger (Union Square Ventures) renchérit :

  « L’innovation technologique change tout de manière très disruptive, complémentaire et surtout non linéaire (…) La trajectoire est positive à long terme mais la transition est difficile (…) et nous ne sommes pas très bons dans ces périodes de transitions».

La révolution agricole et industrielle a fait disparaître les chevaux. La révolution numérique et l’ère de l’information feront-elles disparaître les conducteurs ? demande-t-il en substance. Autrement dit, allons-nous disparaître ?

Aujourd’hui les nouveautés ce sont les ordinateurs et les réseaux, la robotique et les machines intelligentes, la 3D et l’imagerie, les « Big Data » et la biologie cellulaire. Elles permettent toutes de traiter non pas 10% de plus de données mais des millions de fois plus. « La promesse aujourd’hui est celle de l’abondance, après une époque où la rareté était le paradigme ».

Les signaux se multiplient en ce début d’année :

A Davos, Eric Schmidt, l’un des patrons de Google, qui a investi en 2013 plus de 7 milliards de dollars dans des capacités supplémentaires d’ordinateurs, et rachète des firmes de robots à tour de bras, a exhorté fin janvier les participants à surveiller de près cette course entre l’homme et la machine afin d’assurer la victoire du premier. Rappelons que Ray Kurzweil, le père de « la singularité », qui prévoit la prise de contrôle des humains par les machines pour 2045, travaille aujourd’hui pour… Google !

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Le grand risque actuel, estime Schoendorf, c’est de voir les pays riches se réindustrialiser, mais sans créations d’emplois. Ce que le JDD appelle « la casse sociale ».

Internet détruit pour l’instant plus d’emplois qu’il n’en créé. Pour résoudre ce problème majeur, ajoute le « VC », il faudra non seulement le faire savoir au monde, utiliser justement les technologies, mais aussi et surtout se servir de l’intelligence collective de la foule reliée en réseaux.

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C’est donc fort légitiment du côté de l’emploi que les inquiétudes sont les plus nombreuses et les solutions pour l’instant inexistantes. Rappelons que, porteurs d’une productivité démultipliée, l’agriculture intensive, comme le taylorisme, avait aussi provoqué de très nombreuses suppressions d’emplois au 20ème siècle.

Ce n’est donc pas un hasard si Barack Obama a fait porter, il y a quelques jours, l’essentiel de son discours annuel sur l’Etat de l’Union, sur la nécessité de renforcer les classes moyennes américaines qui s’érodent progressivement, malgré une reprise, qualifiée récemment de « lugubre » dans les pays riches par le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz.

Pierre Bellanger fait le même constat alarmiste dans son dernier ouvrage, « La souveraineté numérique » : « la mondialisation a dévasté nos classes populaires, l’internet va dévorer nos classes moyennes ». Le fondateur et président de Skyrock insiste surtout sur l’absence de souveraineté française et européenne sur les fermes de serveurs des géants du web, tous américains.

Mais c’est surtout l’ouvrage du scientifique américain Jaron Lanier, (« Who owns the future »), qui a lancé un appel l’an dernier pour avertir de l’impact destructeur et déflationniste d’Internet sur les classes moyennes, de la disparition progressive des usines et des banques, et de l’enrichissement faramineux d’une poignée de géants du web qui contrôlent désormais les machines quasi-autonomes qui sont en train progressivement de prendre le pouvoir.

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* Les Lois de Moore prévoient que la puissance des microprocesseurs double environ tous les 18 mois ou deux ans.

 

 

Iran: la bataille entre république et religion

Nouvel accord avec l’AIEA sur le nucléaire iranien

Le Monde.fr avec AFP | 09.02.2014 à 14h43 • Mis à jour le 09.02.2014 à 15h24

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/02/09/nouvel-accord-avec-l-aiea-sur-le-nucleaire-iranien_4363025_3218.html

Le ministre des affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, avec le directeur général de l'AIEA, Yukiya Amano, le 2 février.
Le ministre des affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, avec le directeur général de l’AIEA, Yukiya Amano, le 2 février. | AP/Frank Augstein

L’Iran et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ont convenu dimanche 9 février de coopérer sur « sept nouveaux points » dans le domaine nucléaire, trois mois après leur dernière feuille de route, a annoncé Reza Najafi, représentant de Téhéran auprès de l’agence. Ils ne comprennent pas l’accès au site militaire de Parchin, réclamé à cor et à cris par l’AIEA depuis plusieurs années.

Une déclaration commune, dont le texte intégral n’a pas encore été rendu public, précisera le contenu de cette nouvelle feuille de route de coopération, qui doivent permettre de répondre aux questions de l’agence sur la nature du programme nucléaire iranien controversé avant le 15 mai 2014. Au cours des derniers mois, l’Iran et l’agence avaient déjà coopéré sur six autres points liés au programme nucléaire iranien soupçonné de cacher un volet militaire.

PAS D’ACCÈS AU SITE SUSPECT DE PARCHIN

Dans ce contexte de « coopération » et après « les informations fournies par l’Iran, nous espérons que le directeur général de l’Agence présentera un accord positif au conseil des gouverneurs » de l’AIEA, a déclaré pour sa part Behrouz Kamalvandi, porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA).

Il a ajouté que contrairement aux informations de presse, « il n’est pas prévu que les experts de l’AIEA rencontrent les scientifiques » nucléaires iraniens. L’accès des experts de l’AIEA au site militaire de Parchin, suspecté d’abriter des recherches secrètes du programme nucléaire iranien, ne figure pas non plus dans l’accord. Selon Behrouz Kamalvandi, il est mentionné dans la déclaration commune que l’Iran « a rempli ses engagements et a été remercié pour cela ».

Cet accord intervient à dix jours de la reprise officielle des négociations entre Téhéran et le groupe 5 + 1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Allemagne), à Vienne.

Nantes, Loire Amont > Mauves sur Loire

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Odilon Redon

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Odilon Redon 2 février – 18 mai 2014

Fondation Beyeler, Riehen, Basel, Suisse

yeux_clos Yeux clos (Détail), 1894, huile sur carton, 44,5 x 36,5 cm, Fujikawa Galleries Inc., Tokio
 
ophelia Ophélie (Détail), 1900–05, pastel sur papier sur carton, 50,5 x 67,3 cm, Dian Woodner Collection, New York le-cube Le Cube (Détail), 1880, fusain sur papier, Collection privée
 
laraignee_souriante L’Araignée souriante (Détail), 1881, fusain sur papier, 46 x 36 cm, Kunsthaus Zürich, Grafische Sammlung, Legat Doris Epstein-Meyer, 2013
 

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La Barque (Détail), vers 1906, pastel sur papier, 51 x 67 cm, Collection privée, Suisse

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Le Char d’Apollon (Détail), vers 1910, huile et pastel sur toile, 91,5 x 77 cm, Musée d’Orsay, Paris
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Fleurs (Détail), 1909, huile sur toile, 81 x 100 cm, Collection privée
 
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Les Anémones (Détail), ca. 1912, pastel sur carton, 54 x 73 cm, Hahnloser/Jaeggli Stiftung Villa Flora, Winterthur
 
Odilon Redon 2 février – 18 mai 2014
Odilon Redon (né en 1840 à Bordeaux, mort à Paris en 1916) compte, avec son cosmos chromatique, parmi les artistes les plus surprenants des débuts de l’art moderne. L’œuvre de ce représentant majeur du symbolisme français marque la jonction entre le XIXe et le XXe siècles et est déterminée par l’interaction entre tradition et innovation. L’exposition de la Fondation Beyeler qui présente un grand nombre de peintures, pastels, dessins et gravures de tout premier plan provenant de musées et de collections particulières d’un grand renom international se concentre sur le rôle de précurseur de l’art moderne qu’a joué Redon et sur la dimension avant-gardiste de sa création. Son œuvre ambiguë et énigmatique se caractérise par des ruptures et des contrastes et suit une évolution conduisant du noir des premiers travaux au fusain et des lithographies précoces à l’« explosion chromatique » des pastels et des huiles ultérieurs. Ses œuvres passent de l’inquiétant à la sérénité : des monstres bizarres surgissent au côté de créatures célestes – rêve et cauchemar, nature et imagination se côtoient. Cette exposition présente tous les thèmes directeurs de sa création, ainsi que les idées et les innovations essentielles de l’œuvre de Redon, si variée tant par le contenu que par la technique. Les sources d’inspiration les plus diverses s’y côtoient — de l’histoire de l’art, de la littérature et de la musique aux sciences naturelles, en passant par la philosophie et la religion occidentales et orientales.

Par son art, Odilon Redon souhaitait ouvrir les yeux sur les « merveilles du monde visible ». Nous espérons vous faire découvrir cet univers extraordinaire grâce à cette exposition.

Le commissaire d’exposition est Raphaël Bouvier, conservateur à la Fondation Beyeler.

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Papillons (Detail), ca. 1910, Öl auf Leinwand, The Museum of Modern Art, New York, Schenkung von Mrs. Werner E. Josten im Gedenken an ihren Gatten, 1964

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